Le ginkgo biloba et le cancer: Etudes & conclusions

Le ginkgo biloba et le cancer: Etudes & conclusions

Est-ce qu’il y a un lien entre le ginkgo biloba et le cancer ? Peut-il aider à combattre le cancer ? Quelles sont les conclusions des études scientifiques sur l’efficacité du ginkgo dans le cancer par exemple de la thyroïde et celui de l’ovaire ?

I- Etude sur le ginkgo biloba et le cancer de Gretchen Goetz

Avec les nombreuses vertus associées au Ginko biloba, un complément alimentaire très reconnu dans le domaine de la médecine de nos jours pour ses propriétés thérapeutiques, des études sérieuses ont été faites sur des extraits de cette plante, dans le but de démontrer la probable relation qui pourrait exister avec le traitement du cancer, notamment les études du Dr Gretchen Goetz de la National Toxicology Programm (NTP), parues dans le Food Safety News en date du 26 Avril 2012.

Ces études furent faites sur des rats et souris de laboratoire pendant une durée d’au moins deux ans.

1. Description de l’étude

a- Première expérience

Après avoir mis en place deux groupes de rats, et après avoir régulièrement administré une dose d’extrait de ginkgo pendant une durée de deux ans sur un seul groupe des animaux, ils ont constaté que ces derniers (ceux soumis au ginkgo biloba) étaient beaucoup plus susceptibles de développer une tumeur de la thyroïde, ainsi que celle du foie par rapport au groupe qui n’en recevait pas du tout.

b- Deuxième expérience

Dans une deuxième étude, ces chercheurs ont ensuite défini deux autres groupes de rats, sur lesquels ils ont raccourci la durée sur une période de trois mois après avoir administré cet extrait de ginkgo biloba à un des groupes.

Les résultats selon eux furent concluants : les rats qui avaient reçu des extraits de ginkgo pendant les trois mois présentaient un risque potentiel de développement des cellules tumorales, par rapport au groupe de rats qui n’en avaient pas reçu.

C’est ce qui a poussé un des membres du groupe des chercheurs, le Dr Cynthia Rider, à dire dans une interview du Food Safety News que : « les tumeurs découvertes chez les rats étaient assez impressionnantes », et d’ajouter par la suite qu’ « elles étaient les plus élevées parmi les études pour l’une des tumeurs qui n’apparaît pas simultanément tout le temps chez le rat ».

c- Troisième expérience

Et pour une troisième étude, toujours dans le même processus, les rats de la deuxième étude qui ne recevaient pas des doses de ginkgo ont été subdivisés en six groupes, et ils administraient à chacun des groupes des doses différentes du ginkgo, à savoir 2000 mg d’extrait par kg de masse corporelle, 1000 mg, 500 mg, 250 mg, 125 mg et 0 mg d’extrait de ginkgo au dernier groupe, en suivant un rythme d’administration de cinq doses par semaine.

Après une durée de trois mois, ils ont constaté que toutes les souris qui avaient reçu une dose supérieure à 250 mg d’extrait de ginkgo cinq fois par semaine avaient des foies beaucoup plus lourds que les autres rats.

Pour revenir sur la première expérience, le groupe des rats qui avaient développé des cellules tumorales étaient principalement des mâles et des femelles qui avaient reçu des doses d’au moins 600 mg/kg.

Tous ces rats n’ont pas développé des tumeurs de foie, mais ont présenté des taux élevés des tumeurs de la thyroïde.

Ce qui est intéressant ici est comment nous pouvons interpréter les résultats de ces recherches pour mieux conseiller les consommateurs de ginkgo sur les risques potentiels élevés de cancer ? Quelle est la dose normale à consommer pour un homme afin d’être à l’abri du cancer ?

2. Conclusion de l’étude

Le Dr Rider affirmait que pour répondre à cette question, il fallait bien d’autres recherches approfondies dans ces termes : « je pense qu’il est préférable de laisser cette partie de l’interprétation et juste dire que compte tenu des résultats, qui sont positifs pour la carcinogénèse chez les rats, que cela peut être lié », affirmant bien qu’il peut bien y avoir une liaison entre le cancer et la consommation d’extraits de ginkgo biloba.

3. Les failles de l’étude ?

Il y a bien eu de très nombreuses failles dans cette étude selon quelques spécialistes :

Tout d’abord, ces recherches n’ont pas pris en compte le fait que toutes les variétés de ginkgo biloba n’ont pas exactement les mêmes propriétés, et c’est aussi la raison pour laquelle le Dr Rider disait : « parce que ces compléments sont incroyablement complexes et qu’ils sont de nature végétale, nous n’avons pas fait des études toxicocinétiques complètes qui seraient nécessaires pour la comparaison », affirmant ainsi que l’on ne peut pas vraiment affirmer de manière absolue que le ginkgo biloba serait lié au cancer, rappelons que la toxicocinétique est une étude qui permet aux chercheurs de suivre une substance dans un organisme.

Bien qu’une autre étude a bien démontré que les tumeurs développées par les souris et les rats étaient bien différentes des tumeurs qui surviennent de manière spontanée chez ces rongeurs, montrant bien la probable relation qui peut exister entre le ginkgo et le cancer, le Dr Rider continue à penser qu’il faut davantage faire des études sur le ginkgo pour voir s’il n’offre pas plus d’avantages que de risques potentiels.

Une autre faille de cette étude repose sur le ginkgo qui a été utilisé pour les analyses. Il a été démontré que ce ginkgo provenait d’un fournisseur chinois, alors que le ginkgo de haute qualité reconnu mondialement et qui a de très grandes propriétés est le ginkgo allemand.

Donc avant de conclure quoi que ce soit, d’autres recherches sont nécessaires.

Le ginkgo biloba et le cancer 2

II- Ginkgo biloba et cancer de la thyroïde

La ligue contre le cancer a constaté qu’on en diagnostique dans le monde environ 4000 nouveaux cas de cancer chaque année, et que parmi ces nouveaux cas de cancer, environ 90% sont dit « différenciés », où on a le cancer papillaire et le cancer folliculaire notamment.

Ces formes de cancer sont très souvent traitées avec un taux de guérison supérieur à 90%, avec très peu de cas de récidives.

En ce qui concerne le cancer de la thyroïde, il y a deux étapes dans le processus de traitement qui sont : thyroïdectomie totale ou l’ablation totale de la thyroïde en premier lieu, et l’utilisation de l’iode 131 ou iode radioactif, qui consiste après la première étape à utiliser cette substance pour détruire les restes thyroïdiennes cancéreuses qui n’ont pas été éliminées après l’ablation.

Car l’iode radioactive ira directement détruire ces cellules restantes. Mais on se demande si cette iode n’est pas aussi nocive pour la santé de l’individu traité ?

C’est dans ce sens qu’une étude publiée sur le journal « Thyroïd » en date du 22 mars 2012, a montré qu’on peut très bien protéger les cellules non thyroïdiennes, tout en laissant l’iode radioactive détruire uniquement les cellules thyroïdiennes, par l’utilisation des extraits standardisés du ginkgo biloba, car d’autres études ont démontré que l’iode 131 peut être toxique pour les cellules.

En conclusion pour ce genre d’étude est de faire d’autres études plus précises afin de déterminer réellement l’effet positif ou nocif des extraits de ginkgo biloba.

III- Ginkgo biloba et radiothérapie

Les recherches du Dr Beljanski ont démontré que divers traitements par radiothérapie étaient nocifs, notamment pour la peau.

Car les cellules de la peau, lorsqu’elles sont irradiées, présentent des niveaux très élevés d’enzymes appelées RNases.

Des enzymes qui impactent négativement les molécules d’ARN quand ils sont en grande quantité car ils perturbent leur fonctionnement dans les cellules, et favorisent le développement des fibroses.

Dans ses études, le Dr Beljianski a utilisé des extraits standardisés de ginkgo biloba dans ses analyses et a constaté que les feuilles de ginkgo biloba, lorsqu’elles sont recueillies pendant l’automne avec leur couleur jaune dorée, sont beaucoup plus efficaces, puisqu’elles ont une composition biochimique complètement différente par rapport aux feuilles vertes de ginkgo.

Et une fois dans un organisme vivant, les extraits de ginkgo biloba empêchent l’activité des enzymes RNases de manière significative, et laisse ainsi les molécules d’ARN faire correctement leur travail au sein des cellules, réduisant ainsi le risque de fibroses causé par le traitement par radiothérapie.

IV- Ginkgo biloba et cancer de l’ovaire

La consommation du ginkgo biloba pourrait réduire le risque de cancer de l’ovaire chez les femmes.

En effet, plusieurs études ont prouvé que le ginkgo biloba contient de puissants antioxydants, et peut donc être un bon préventif contre le cancer, en l’occurrence le cancer de l’ovaire.

Pour mettre en relation le traitement du cancer de l’ovaire et le ginkgo biloba, les chercheurs Daniel Cramer et Bin Ye du Brigham and Women hospital, ont fait des études épidémiologiques sur 668 patientes atteintes du cancer de l’ovaire et sur 720 femmes saines.

Chacune d’elles consommait au moins une dose de ginkgo biloba par semaine, et on a constaté une diminution d’au moins 60% du risque de cancer de l’ovaire chez les femmes selon le questionnaire qui leur a été soumis.

Comme conclusion à ces études, ces chercheurs affirment : « les résultats préliminaires de l’étude suggèrent un rôle protecteur du Ginkgo contre le cancer de l’ovaire. Néanmoins, les conclusions de l’étude cellulaire se révèlent incertaines ».

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